LA GUERRE AVEC L’IRAN – CE QUI NE S’ÉTAIT PAS PRODUIT DEPUIS DES MILLENAIRES

Le 28 février 2026, Israël a annoncé avoir mené une frappe préventive contre l’Iran. Le même jour, les États-Unis ont également frappé l’Iran. Le conflit entre ces pays couvait depuis longtemps, mais il a désormais pris la forme d’attaques massives avec des victimes et des destructions. Quel scénario est-il possible pour la suite des événements ? Quelle est l’essence de ce qui se passe ?

Commençons par un constat simple : il n’y a pas de bons scénarios, et il n’y a pas de scénarios multiples. En réalité, la première question qui se pose est :  « Que s’est-il passé ? » Et il n’y a pas de réponse directe et claire à cette question. Où les difficultés fondamentales résident-elles ? – La défaite totale de l’Iran n’est absolument pas dans l’intérêt des États-Unis d’Amérique, et encore moins dans celui de Trump. Cela détériorerait considérablement sa position tant à l’intérieur des USA que sur la scène internationale, sans lui apporter quoi que ce soit en retour. Et Trump est suffisamment intelligent pour le comprendre.

Deuxièmement : cela n’est même pas dans l’intérêt d’Israël, qui pourrait bien récolter de cette affaire une bombe nucléaire sale, que l’Iran possède très probablement. Après quoi, ce petit bout de terre appelé Israël deviendrait, pour une trentaine d’années, impropre à l’agriculture et à la vie humaine. Et ce, sans aucune raison valable, puisque l’Iran ne le menaçait en rien à ce moment-là. On comprend pourquoi cela arrange Netanyahou. C’est effectivement très clair.

Donc, nous voyons que l’on comprend pourquoi cette escalade est utile à Netanyahou, et, comme conséquence, à Israël parce qu’il est dirigé par Netanyahou. Mais on ne comprend pas du tout pourquoi elle est utile à Trump. Et là, deux possibilités s’offrent : soit Trump a été impliqué dans un scandale quelconque et, pour faire simple, ces actions militaires sont le fruit d’un chantage. C’est peu crédible, car à notre époque, si vous êtes une figure relativement puissante, vous supportez plutôt facilement tout chantage pour la simple raison qu’on peut toujours l’inventer. Par exemple, avec les techniques informatiques modernes, on peut générer n’importe quel fichier d’Epstein avec des photos de Trump en compagnie d’une fillette de cinq ans. Mais tout le monde comprend parfaitement que l’intelligence artificielle peut vous dessiner des choses bien pires. Par conséquent, même si quelque chose de similaire avait existé dans la réalité, il est extrêmement improbable que Trump ait pu réagir de cette manière.

Se profile alors un scénario très inquiétant : qu’il ait été piégé par son propre fondamentalisme religieux. Il est effectivement un protestant fondamentaliste. Et commence à se former une position très étrange selon laquelle toute l’essence de la civilisation occidentale réside dans le soutien à Israël, l’Occident ne peut pas vivre sans Israël, la défense d’Israël est nécessaire, et c’est une tâche transcendante. Autrement dit, ce n’est pas une question d’intérêt, c’est une question de volonté de Dieu. Il est fort probable que le Seigneur n’ait rien à voir là-dedans, mais si Trump perçoit la situation de cette manière, nous serons confrontés à une chose très dangereuse : un fondamentaliste à la tête de la plus grande puissance nucléaire mondiale.

Le deuxième point que nous devons comprendre est que, quoi qu’il arrive par la suite, il y a déjà des perdants. Il est clair que l’Iran et ses dirigeants ont perdu. Même si les chances que l’Iran se défende ne sont pas nulles, elles ne sont pas très élevées : il a déjà perdu, il a déjà subi une frappe surprise et a perdu son guide suprême, il n’y a pas de retour en arrière possible. Le deuxième perdant est la Russie, car pour elle, l’Iran était sans aucun doute envisagé comme une partie de sa macro-région dans la période de désintégration du monde global et de son éclatement en macro-régions. Ensuite, la Chine a perdu, elle qui ne peut en rien aider l’Iran dans cette situation, démontrant ainsi sa faiblesse face aux États-Unis.

L’un des aspects les plus importants de la situation actuelle est que tous les dirigeants du monde ont perdu, car si l’on peut tuer Ali Khamenei, on peut aussi tuer Poutine, Trump lui-même, le camarade Xi, sans parler de Merz, Macron, Starmer et tant d’autres. Notez bien : cela ne s’était pas produit dans le monde depuis des milliers d’années. Nous sommes toujours partis du principe qu’il existait une immunité pour les personnes prenant les décisions, car c’est seulement avec cette immunité que des accords sont possibles en principe. Et voilà que cela est brisé. De ce point de vue, Trump doit parfaitement comprendre que les risques ont considérablement augmenté pour lui-même, comme pour tous les autres dirigeants.

Et cela aussi, c’est quelque chose qui ne se divise pas en scénarios, ces événements se produiront de toute façon. Par ailleurs, dans cette situation, la Russie pourrait réagir par n’importe quel moyen, compte tenu de son alliance formelle avec l’Iran, y compris par une frappe nucléaire contre Israël. Bien sûr, la Russie ne réagira pas ainsi, mais, aussi étrange que cela puisse paraître, de tels risques existent néanmoins dans cette situation. Tout comme existent ensuite les risques de frappes nucléaires américaines contre la Russie.

Finalement, la question se pose : pour quoi le monde a-t-il été placé dans une situation où aucun accord et aucune confiance mutuelle ne soient possibles ? Or, Israël reconnaît officiellement : « Nous avons mené des négociations uniquement pour endormir la vigilance de l’Iran. » Mais cela signifie qu’après cela, plus personne ne voudra parler ni avec Israël, ni avec les États-Unis. Et quel est le sens de tout cela ? Il est totalement incompréhensible ce qui est gagné dans cette situation, si l’on ne prend pas au sérieux la version eschatologique. Dans ce cas, nous nous trouvons dans une situation où, pour une raison quelconque, Trump pense que la fin du monde arrivera inévitablement maintenant, et il entreprend une série d’actions qui se justifient dans la logique : c’est de toute façon la fin du monde. En tant que chrétiens, nous ne croyons pas à la fin du monde, mais le fait que nous soyons entrés dans une zone de risques incroyables, que l’histoire n’avait pas connus depuis des milliers des années, est indéniable.

En ce qui concerne les scénarios, étant donné que nous sommes dans une situation de crise, et qu’en temps de crise il n’y a toujours que deux scénarios, cette situation en a également deux.

Le premier scénario est une capitulation rapide de l’Iran. Comment la capitulation sera formalisée, qui arrivera au pouvoir, n’a pas beaucoup d’importance dans cette situation. C’est peut-être intéressant pour Trump et Netanyahou, mais pas pour nous. Cela signifie en tout cas la perte de la souveraineté réelle de l’Iran et son passage sous administration américaine complète, avec Israël comme gestionnaire par procuration. Ce scénario est, bien entendu, le scénario de base, sa probabilité est très élevée.

Mais, comme le disait Tolkien, « le mal ne règne pas sans partage sur le monde », et comme l’Iran est une puissance assez importante avec une histoire très ancienne, il existe une probabilité, faible mais néanmoins non nulle, d’un autre scénario. Ce que font actuellement Israël ou les États-Unis est une blitzkrieg classique. Et la blitzkrieg a toujours un défaut majeur : son objectif est de briser la volonté de l’ennemi et sa capacité même à résister. Mais si l’ennemi ne se brise pas, il s’avère immédiatement que la blitzkrieg n’a pas la capacité de mener cette situation à son terme, et il faut alors continuer à la gérer lentement et péniblement, en la « rongeant » jusqu’au bout.

Il existe actuellement une probabilité que l’Iran encaisse le premier choc, et c’est une question de psychologie, pas de quantité de missiles ou de destructions. En encaissant le coup, en passant aux formes variées de guerre, il tentera de faire évoluer la situation vers un conflit long de plusieurs années, ce qui est totalement inacceptable tant pour Netanyahou que pour Trump. Mais la probabilité de cela est de 10 % à 25 %. Du point de vue de la prospective, cela signifie que soit c’est un miracle, soit c’est un événement très peu probable. 25 % en prospective, c’est peu probable, et 10 %, c’est un miracle.

Il n’y a pas d’autres scénarios, car il s’agit d’une situation de crise classique.

Les opinions exprimées par les contributeurs de Vues & Revues leur sont propres et peuvent ne pas correspondre ceux de Vues & Revues.

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Franz CONRAD

Franz CONRAD est un amateur des arts et de la culture. Il est également passionné par l’histoire en essayant de comprendre le mystère de...

Jesse LEBLANC

Jesse LEBLANC est un entrepreneur, consultant et coach des entreprises, des entrepreneurs et des investisseurs de tout âge et de toute situation économique. Il...

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