Lego, un cas d’école : quand la passion précède l’argent

Introduction – l’étrange mystère de la réussite

Avez-vous remarqué quelles personnes réussissent dans ce monde ? La réponse n’est pas celle que l’on croit. Ce ne sont pas nécessairement les plus diplômées, ni celles qui ont suivi les chemins les plus tracés. Ce ne sont pas non plus celles qui apparaissent le plus souvent dans les médias ou qui accumulent les titres les plus prestigieux.

Non. Ce sont celles qui n’ont pas peur de suivre leur vocation. Les personnes heureuses et épanouies ne sont pas forcément celles qui gagnent le plus d’argent. Ce sont celles qui font ce qu’elles aiment véritablement. Et cette petite différence change tout.

Prenons un exemple. Un exemple concret, lumineux, et particulièrement parlant : Lego.

Un cas d’école : Lego

Il y a quelque temps, j’ai vu un reportage sur l’usine Lego. Le spectateur pouvait y observer ce qui se passe dans les différents départements. C’est un véritable cas d’école.

L’un des exemples les plus frappants concernait les concepteurs de Lego. Pensez-vous que les personnes qui y travaillent soient ordinaires ? On peut difficilement l’affirmer. Il suffit de regarder leurs yeux : on y remarque de la passion, mêlée à une étincelle de folie. Chez Lego, on n’embauche que des passionnés. C’est une règle. Et elle n’est pas près de changer.

Lors de ce reportage, les concepteurs ont présenté l’un de leurs nouveaux collègues – un jeune homme d’une vingtaine d’années. Les journalistes lui ont demandé : « Comment êtes-vous arrivé là ? »

Sa réponse mérite d’être citée intégralement :

« Depuis mon enfance, j’ai adoré le Lego. Dès l’âge de 9 ans, je voulais construire et concevoir des Lego. À 12 ans, j’ai commencé à apprendre et à comprendre comment concevoir du Lego. À 15 ans, on m’a expliqué en détail ce qu’il fallait faire et où il fallait étudier pour réaliser mon rêve. Je suis allé là-bas, j’ai terminé mes études avec succès, et maintenant je suis ici. Je suis heureux. »

Cet homme le sera jusqu’à sa retraite. Il aime Lego. Il exerce son métier avec plaisir, avec cet enthousiasme tranquille que seule donne la certitude d’être à sa place.

L’argent vient après – ou pas

Bien sûr, en créant des constructions Lego, ces passionnés perçoivent des rémunérations annuelles confortables, qui avoisinent souvent les 100 000 euros. Après tout, ils sont concepteurs dans une société mondialement reconnue. C’est un domaine d’activité vaste, important, et bien rémunéré.

Mais l’essentiel dans cette histoire n’est pas le salaire. L’essentiel est ailleurs.

Ce jeune homme, passionné par Lego, y travaillerait pour 25 000 euros par an. Il y travaillerait pour 10 000 euros. Je pense même qu’il travaillerait uniquement pour le gîte et le couvert. C’est cela, la passion véritable – celle qui n’a pas besoin d’être récompensée par de l’argent pour exister.

C’est la raison pour laquelle il est condamné à la réussite dans son métier. Sa motivation est intrinsèque – la passion – et non extrinsèque – l’argent. Et cette motivation intérieure est infiniment plus puissante que toutes les primes du monde.

Le problème des adultes

Le problème des adultes est qu’en grandissant, nous remplaçons souvent l’élan de l’enfant – « Je veux faire ça, parce que j’aime faire ça ! » – par un dialogue intérieur (ou extérieur) basé sur la peur.

Nous prenons l’habitude de regarder autour de nous. De nous référer à nos peurs, qui deviennent de plus en plus nombreuses. Les questions s’accumulent, et elles se ressemblent toutes :

– « Si je fais ceci, que vont penser les voisins ? Ma belle-mère ? Mon ex ? »

– « Combien cela va-t-il coûter ? Est-ce financièrement viable ? »

– « Et si j’échouais ? Et si je ne réussissais pas comme je le voudrais ? »

Ces questions sont légitimes. Elles sont même nécessaires à un moment donné. Mais elles doivent venir après avoir identifié la passion. Pas avant. Sinon, elles l’étouffent dans l’œuf. Et l’on passe à côté de sa vie sans même avoir eu le temps de la regretter.

Conclusion – suivre l’étincelle

L’exemple de Lego n’est pas une exception. Il illustre une règle universelle : la passion est le meilleur carburant pour la performance durable. Elle n’exclut pas la rigueur, ni la compétence. Elle les rend simplement plus faciles à acquérir.

Alors, que faire ? Retrouver l’enfant en soi. Celui qui savait ce qu’il aimait avant qu’on ne lui apprenne ce qu’il devait faire. Et oser suivre cette étincelle, même si le chemin semble incertain. Car l’incertitude, parfois, est le prix à payer pour une vie choisie.

Les opinions exprimées dans cet article sont personnelles à l’auteur.

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Lara STANLEY

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